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Le littoral languedocien contraint de revoir son logiciel d’aménagement

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Le littoral languedocien contraint de revoir son logiciel d’aménagement

Pour Les Échos, 10 octobre 2017

L’Etat compte freiner le grignotage des terres excessif depuis trente ans. Les communes littorales n’ont plus que neuf ans de réserve foncière.

Chaque heure, l’équivalent de 52 places de parking est artificialisé dans l’Hérault. Soit, en trente ans, 17.000 hectares. Ces chiffres chocs, calculés par la préfecture de l’Hérault, sont martelés aux élus locaux pour les inciter à aménager autrement le territoire, loin du modèle des lotissements pavillonnaires et parkings, construits à marche forcée ces dernières décennies. La forte artificialisation des terres agricoles et naturelles atteint ses limites dans le Sud. Dans les communes littorales, selon les chiffres du Conservatoire du littoral, la réserve foncière disponible n’est plus en moyenne que de neuf ans. « Ce potentiel n’est pas renouvelable ! Dans neuf ans, il n’y aura plus de capacité de développement foncier sur le littoral languedocien », souligne Pascal Mailhos, préfet de la région Occitanie.

Pression démographique

L’urgence est d’autant plus prégnante que la croissance démographique devrait se poursuivre, générant des besoins en infrastructures, logements, zones d’activité. D’ici à 2040, la partie méridionale de l’Occitanie devrait compter 700.000 habitants de plus, d’après l’Insee. Soit l’une des plus fortes progressions démographiques en France pour une zone qui comptera alors 3.3 millions d’habitants, essentiellement regroupés le long du littoral. « Si nous voulons, sur le trait de côte, concilier croissance démographique, préservation de l’environnement et usage des sols, une politique plus volontariste s’impose : réinvestissement des centres-bourgs, utilisation des dents creuses [espaces inexploités situés en zone urbaine, NDLR], plus grande densification… », avertit le préfet.

Dans le cadre du plan Littoral 21, porté par la région Occitanie et l’Etat, un directeur de projet a été nommé pour surveiller de près les plans locaux d’urbanisme. L’objectif est de réduire de moitié, d’ici à 2020, le rythme de commercialisation des espaces agricoles. Sous pression, les collectivités adoptent de nouvelles stratégies. Le schéma de cohérence territoriale de Montpellier Méditerranée Métropole, en cours de révision, entend limiter l’urbanisation future à un tiers du territoire, « en priorisant le réinvestissement de l’existant ».

Déménager les zones commerciales

L’entrée de ville, au sud, actuellement 100 % commerciale et tapissée de parkings, va être remaniée avec le déménagement de dizaines d’enseignes dans un unique ensemble commercial. Ce projet de 320 millions d’euros, prévu pour 2021, permettra de libérer du foncier rendu à la nature et à la construction d’immeubles mixtes. D’autres friches stratégiquement placées sont réinvesties : l’ex-site militaire de l’EAI va accueillir des logements et la friche ferroviaire du nouveau Saint-Roch des hôtels, logements et bureaux. « On consomme en Occitanie deux fois plus de terres agricoles qu’ailleurs en France, mais les élus prennent peu à peu conscience des vertus de la construction verticale et des dangers de la construction horizontale. Au final, ce sont eux qui ont les clefs », estime Dominique Granier, président de la Safer Occitanie.

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