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Journaliste économique & politique

pour la presse écrite régionale et nationale

5G : l’homme augmenté, jusqu’où ?

Une révolution numérique de plus. Celle-ci pourrait être plus violente et intense que les précédentes. La 5G, dont les règles des enchères, prévues cet automne, viennent d’être publiées par l’Arcep, va doper la compétitivité du pays et améliorer la couverture des campagnes et du réseau routier, rappelle Les Echos. Le déploiement de cette technologie, synonyme de politique industrielle du 21e siècle, est prévu à partir de 2020. Pour faire simple, la 5G va permettre d’aller beaucoup plus vite : des débits de 10 Gbit/s contre 100 Mb/s aujourd’hui. Soit l’équivalent d’un réseau fibre standard, disponible aujourd’hui chez vous.

« Pour le grand public, ce sera du confort supplémentaire, mais pas nécessairement une transformation majeure des usages, explique la secrétaire d’Etat Agnès Pannier-Runacher à mes confrères. Par exemple, dans les zones très denses, il sera possible de jouer à des jeux vidéo en réseau depuis son téléphone avec la même réactivité qu’un ordinateur de bureau. Dans les industries des médias et du divertissement, la 5G va donc ouvrir de nouveaux champs. »

La 5G sera avant tout un élément de compétitivité pour les entreprises, les usines du futur, les véhicules autonomes, les objets connectés… « Nous allons franchir un cap en termes d’usages pour les entreprises tant industrielles que de services : ports, logistique, industrie, chirurgie à distance… Et tout reste à inventer », ajoute-t-elle. Préparation des entreprises, exposition aux ondes (les risques sanitaires détaillés ici), retombées économiques, progression de la couverture… Les questions, légitimes, sont abordées avec méthode dans l’interview.

Rappelons que l’actuelle et préhistorique 4G date de 2011. Pour la 5G, les enchères (prix de cession des fréquences et obligations pesant sur les opérateurs) devraient rester raisonnables pour les quatre acteurs historiques (SFR, Bouygues, Orange et Free) : entre 1,5 Md€ et 2 Md€, à comparer aux 6 Md€ déboursés en Italie ou en Allemagne.

« Peut-on et faut-il arrêter le progrès ? », pourrait questionner un sujet de philosophie au bac. Le questionner, au moins. Cette course à l’ultra-connexion, à la productivité, à l’immédiateté et à l’interactivité permanente peut s’apparenter au dopage dans le cyclisme : puisque mon voisin s’en met plein les veines, je dois m’en injecter autant pour ne pas être largué à la première ascension et avoir une chance de le battre. Immense lot de consolation : avec la 5G, je pourrai envoyer ou consulter à toute allure des flopées de vidéos et SMS, même le samedi soir au stade, lorsque mes abrutis de voisins veulent se connecter en même temps que moi.

Autre sujet possible : « L’homme augmenté, jusqu’où et pourquoi ? » Votre voiture, l’éclairage public, les transports en commun, les dispositifs médicaux, les systèmes de sécurité vont être connectés au réseau et partager des informations. Fascinant et prometteur, mais cela nous rendra-t-il plus heureux, plus libres, plus réfléchis, plus sains, plus solidaires, plus généreux, plus authentiques ? Sur ce, un bel été à toutes et à tous et… bonne déconnexion !

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hubert vialatte

Hubert est un journaliste indépendant, spécialisé en économie et politique. Correspondant du quotidien national Les Echos, du Journal de la Marine Marchande et de l'Agence France-Presse, il affiche 20 ans d'expérience en région Occitanie.

Ses principaux secteurs de prédilection : immobilier, BTP, transports/logistique, aménagement du territoire, innovation, PME, santé, agroalimentaire, viticulture, réseaux d'influence.

En plus de ses activités journalistiques, Hubert assure des prestations d'animations de tables rondes, forums, débats, séminaires internes, colloques..., ainsi que des formations (techniques d'écriture efficace, média training, relations presse, communication de crise).

Il a par ailleurs travaillé à La Lettre M, média économique régional, entre 2001 et 2019. Il y a été tour à tour stagiaire, reporter, rédacteur en chef adjoint et rédacteur en chef. Il a entre autres contribué au développement de ce titre à Toulouse et à la montée en puissance des événements (Masters et Petits Déj), notamment à Montpellier.


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