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Justice pour Casti

Coups de gueule, poil à gratter...

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Justice pour Casti

Que les choses soient dites : les policiers ne font pas un métier facile. Salaires peu élevés, insultes essuyées sur la voie publique, moyens financiers décroissants à mesure qu’augmentent les faits de violences et d’incivilité. Chaque année, des dizaines d’entre eux se suicident avec leur arme de service. On en parle moins dans les journaux que lorsqu’il s’agit de cadres d’Orange ou de Renault. C’est injuste, car ils sont bien plus utiles à la société que la 4G à la con ou la nouvelle Twizy.

Voilà pour le cadre. Zoomons à présent sur une présumée bavure. Le 21 septembre 2012, « Casti » (surnom de Florent Castineira), 21 ans, supporteur (Ultra) de Montpellier, se fait crever l’oeil droit par un tir de flash-ball, à la suite d’échauffourées entre supporteurs et forces de l’ordre. « Ce jour-là, au moment des faits j’étais assis à la buvette, rien d’autre, glisse Casti, lors d’une marche de soutien organisée ce samedi (http://www.hubertvialatte.com/news/foot-200-ultras-montpellierains-demandent-justice-pour-casti). Nous (les Ultras), dès qu’on fait la moindre erreur, on la paye. Et la police, elle, aurait le droit de faire de grosses erreurs, comme crever un oeil, sans être inquiétée ? »

Côté prétoire, un autre match se déroule. Le parquet, s’appuyant sur le rapport de l’IGPN (police des polices), a requis en mai un non-lieu pour le brigadier auteur du tir, invoquant la légitime défense. La partie civile demande des éclaircissements sur trois zones d’ombre : disparition de la majeure partie du dossier médical de Florent Castineira, absence de confrontation à ce jour avec le brigadier, visionnage du film de vidéo-surveillance. Réponse de la chambre d’instruction le 30 octobre.

Vers un Euro 2016 ultra-lisse. Le « cas Casti », repris ce week-end dans de nombreuses tribunes en France avec le même mot d’ordre (« Justice pour Casti, Ultras unis pour une vérité »), est devenu un emblème. Les leaders des Ultras dénoncent un durcissement croissant et disproportionné dans et autour des stades à l’approche de l’Euro 2016 en France.

Il est parfois tout à fait justifié que des Ultras soient interdits de stade et poursuivis en justice*. Mais gare à « l’ultramagalme ». A ce titre, le conseil d’Etat vient de refuser au PSG sa très discrète demande de constituer une « liste noire des supporteurs » (2 000 noms !) auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés. « Le PSG ne peut pas se permettre de lui-même, en tant que société privée, de prononcer des interdictions de stade. Il y a la justice pour ça », rappelle Cyril Dubois, avocat. Et, n’en déplaise à Bruxelles, au ministère de l’Intérieur et aux actionnaires qataris du PSG, un match de foot n’est pas et ne sera jamais Disneyland.

* Deux supporteurs parisiens ont trouvé la mort en 2006 (affrontements avec les forces de l’ordre) et 2010 (tabassage par d’autres supporteurs parisiens).

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Une réponse à Justice pour Casti

  1. Troll dit :

    Merci d’avoir consacré un billet à ce sujet, toujours aussi consternant année après année, affaire après affaire, déni de justice après déni de justice…
    Puisque tu fais une allusion à la mort en 2006 de Julien Quemeneur, par un policier couvert par sa hiérarchie, l’IGPS, les magistrats et l’ex-ministre de l’Intérieur et actuel futur candidat à la Présidence de la Raiepublique (qui avait déclaré, moins de 24h après les faits qu’il s’agissait de légitime défense alors même que l’enquête venait de débuter…) et à un logement tous frais payés à la Santé quand sa rénovation sera terminée, autant rappeler que la Chambre d’instruction a rendu un non-lieu en appel au printemps 2011 et que ses parents se sont pourvus en Cassation (je ne sais pas où en est l’affaire aujourd’hui). Autant rappeler que l’enquête n’a pas expliqué comment qq’un qui était soi-disant à terre avait pu d’un coup de feu transpercer le poumon d’un individu puis le cœur d’un autre qui se trouvait derrière le premier, sachant que le deuxième était plus petit que le premier…

    L’affaire Casti ne s’annonce donc pas très heureuse pour l’intéressé… Comment comprendre d’ailleurs que le contenu des bandes de vidéo-surveillance ne soient pas communiqué à son avocat, alors même qu’elles sont copieusement utilisées par Boutonnet & Co pour traquer les suppoters turbulents et les faire condamner sans relâche ???

    Comme la réponse à cette question -une parmi tant d’autres- ne viendra pas des autorités publiques, gardiennes et représentantes de notre sinistre démocratie, il ne nous reste plus qu’à attendre patiemment le 30 octobre et faire confiance à la « Justice », selon la formule consacrée des pauvres franchouillards poltrons que nous sommes.

    Si le miracle de l’honnêteté ne devait pas se produire et illuminer l’esprit du juge d’instruction, il nous resterait fort heureusement l’option Talion…

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