Joue-la comme Beckham

Avant de devenir un produit marketing pour Adidas, Pepsi, Gillette et le Paris-Saint-Germain, David Beckham, 37 ans, fut un footballeur talentueux. Légendaire, même, dans son pays : six fois champion d’Angleterre avec Manchester United (entre 1996 et 2003), vainqueur de la Ligue des Champions en 1999, capitaine de l’équipe nationale entre 2000 et 2006. Fin technicien, expert ès coups de pieds arrêtés, d’une précision chirurgicale dans le jeu long. Il lui a juste manqué cette rage de vaincre pour rivaliser avec les plus grands. Peut-être trop ‘facile’ sur le terrain, et, en dehors, trop diverti par sa Spice Girl d’épouse. Un regret martelé à l’époque par son entraîneur et père spirituel, Sir Alex Ferguson : « entre le foot et les soirées, il faut choisir », répétait-il à longueur de tabloïds, frustré de voir son poulain frôler l’histoire du sport pour une vulgaire histoire d’amour. La brune a gagné le match, et les deux hommes se sont quittés fâchés. La suite a sportivement donné raison à l’éducateur exigeant. Beckham n’a pas remporté le ballon d’or européen, Graal absolu, et a échoué à trois reprises avec son pays en coupe du monde (quarts de finale en 2002 et 2006, huitièmes de finale en 1998). Après son départ de Manchester, Beckham a périclité peu à peu, à mesure que grimpait son salaire, traînant ses crampons et sa belle gueule en Espagne, en Italie, aux Etats-Unis et aujourd’hui à Paris, pour une pige de cinq mois.
On ne plaindra pas le trentenaire bien élevé et bien coiffé. La piquante Victoria l’a initié au glamour lucratif. Une vraie machine à cash, ces deux-là. Machine à rêver, aussi. Pendant des années, ils ont formé le couple princier que tout un royaume, orphelin de Diana, recherchait. En 2002, le succès du film « Joue-la comme Beckham » (10 millions d’entrées en Angleterre) a montré la popularité éclatante du personnage, bien au-delà du sport. Dans cette fiction, il est l’idole de la petite Jess Bhamra, fillette d’origine indienne, qui s’évade par le ballon rond pendant que ses parents lui causent religion, mariage et études. Un récit réaliste et pas que drôle, comme les Anglais savent en signer. Aujourd’hui encore, dans la vraie vie, elles sont une palanquée à kiffer le beau David. Mais que les Qataris ne se fassent pas d’illusions : Beckham-mania ou pas, 90 % de la France du foot se réjouira toujours du moindre faux-pas du PSG, comme hier soir (2-3), face aux Goliath du FC Sochaux, 14ème au classement de la Ligue 1.

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