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Violence ordinaire en entreprise

Coups de gueule, poil à gratter...

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Violence ordinaire en entreprise

Depuis 20 ans, Julien* est associé dans une PME. Un homme de l’ombre, talentueux dans son domaine – le graphisme. A ses côtés, depuis le début, Sonia, son alter ego en charge du développement et des relations clients. Chaque jour, tous les deux, ils partagent repas de midi et grands soucis de petite entreprise. Au-dessus d’eux, Pierre, fondateur, qui a pris ses distances avec son bébé, mais reste actionnaire majoritaire. Ca roule pour la boîte. Le chiffre d’affaires progresse. La clientèle s’est diversifiée.

Un jour, Sonia perd connaissance. Idem le lendemain. Et le surlendemain. Le corps dit stop. Valse des examens médicaux. Dont les résultats contradictoires épuisent encore davantage. Arrêt maladie prolongé. Sonia met du temps à s’en apercevoir : il s’agit simplement d’un burn-out. Un soleil, enfin : à l’aube de ses 40 ans, elle double tombe – amoureuse, puis enceinte.
Au bureau, Julien gère les affaires courantes. Il déjeune seul à midi. Recrute Greg comme développeur. Un complot s’ourdit, alimenté par le nouveau tandem. L’absente a forcément tort et usurpe ses dividendes, disent les couloirs.

Julien cogite, un peu. Puis s’agite, beaucoup. Sur les suggestions insistantes de sa femme, qui jalouse Sonia depuis toujours, il organise des goûters au bureau. Va jusqu’à inviter les salariés à dîner chez lui. Bien que loin de tout ça, Pierre est lui aussi mis dans la boucle, et subit stoïquement le Sonia-bashing.
De retour, Sonia sent comme une chape de plomb. Aux nuits blanches de la jeune maman, s’ajoute le doute du bureau. Elle sent quelque chose, mais quoi ? De guerre lasse, elle convoque une réunion entre associés. C’est là que Julien lâche son fiel, et lâche en ultimatum à Pierre : « c’est elle ou moi ». Pierre leur laisse quinze jours de réflexion, le temps aussi de plonger dans les comptes de la (sa) société.

Julien abat alors sa dernière carte : la veille de la seconde réunion, il sollicite l’aide des salariés. Le deal : je vous offre des lendemains qui chantent, vous faites pression pour éjecter Sonia. Un phénomène de groupe plus tard, une lettre collective est rédigée en ce sens. Pierre trouve la ficelle trop grosse. Dans la réunion finale entre associés, Julien est viré sans ménagement. Sa femme, qui attend à l’entrée, entre insulter Sonia. Qui lui rétorque : « tu n’as jamais rien compris à ce qui nous a lié, Julien et moi, pendant des années. Tu es trop mauvaise pour mériter pareille chose un jour. Maintenant, va rejoindre ton mari. Il a besoin de toi. » Depuis, Sonia a viré cinq des neuf salariés. Les quatre restants se sont excusés spontanément. Ah oui, au fait : c’est une histoire vraie.

* Les prénoms ont été modifiés.

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3 réponses à Violence ordinaire en entreprise

  1. denis* dit :

    Bizarre cette recherche de crédibilité de la part de sonia en réglant des comptes indirectement une fois que les jeux sont faits… cela relève de l’enfantillage, voire de la diffamation sur certains points… Cela mérite sûrement un « billet de droit de réponse ».
    Par ailleurs il me semblait qu’un journaliste se devait de vérifier l’information qu’on lui portait sur un plateau… Ce « copier-coller » sans prendre la peine de rencontrer les acteurs cités n’est pas très reluisant. Bonne continuation quand même.
    *un observateur externe à cette histoire annoncée comme vraie

  2. hubertvialatte dit :

    Cher Denis masqué, « enfantillage » liké 43 fois, ça me console.

  3. Yamna dit :

    Je trouve votre réponse à Denis, un peu méprisante… Le fait d’avoir 43 « likes » ne fait pas de votre billet une vérité il me semble… Pire, ce nombre plus important que tous les autres articles fait surtout douté de la spontanéité du like. A croire que Sonia n’a pas seulement commandé ce billet (comme le sous-entend Denis) mais aussi poussé au like !
    Quoi qu’il en soit, continuez vos petits billets d’humeur, je m’en délecte.

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