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Va falloir s’y faire

Coups de gueule, poil à gratter...

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Va falloir s’y faire

La conférence mondiale sur le climat (COP21), en décembre à Paris, a déjà ses « accroches actu », comme on dit dans les rédacs. Déjà trois épisodes orageux en grande région. Fin août, d’abord à Montpellier, avec deux morts (un couple d’octogénaires, dont la voiture a été emportée par un ruisseau en crue), puis dans le Tarn-et-Garonne, avec le décès d’une jeune automobiliste de 29 ans, dont le véhicule a été broyé par un arbre, et 3 500 exploitations agricoles sinistrées.

Ce samedi, rebelote : c’est l’hécatombe à Lodève (Hérault), où se sont abattus plus de 300 mm d’eau en moins de trois heures. Par miracle, pas de victime cette fois, mais des habitations inondées, des véhicules emportés, des dizaines de naufragés de l’autoroute A75 hébergés en urgence, le scanner et l’IRM de l’hôpital local noyés sous la boue, et au moins trois voies de l’autoroute Béziers-Clermont fermée pour deux semaines entre Lodève et Clermont-l’Hérault, après qu’un pan entier de la chaussée s’est littéralement effondré, sur la commune du Bosc.

Un trou béant de 10 mètres de long ! Clichés incongrus, explosifs, hors norme, comme sortis d’un film catastrophe. Qui montrent la puissance dévastatrice des flots. « Les enfants sont à la fois impressionnés et excités. Ils ont fait dix fois le tour de la ville ce matin, pour compter les arbres couchés », explique un jeune papa, dimanche matin, alors que le tout-Lodève se presse sur le pont enjambant la Lergue, pour sonder les flots, juger de la décrue et se rappeler qu’au fond, on est peu de chose.

Des orages d’automne – violents comme l’est le soleil d’été –, il y en a toujours eu dans le Midi. Mais des épisodes méditerranéens aussi rapprochés et violents, c’est nouveau. L’an dernier déjà, une dizaine d’orages avaient dévasté Montpellier, Lamalou-les-Bains ou Grabels dans l’Hérault, Sigean dans l’Aude… En cause, le réchauffement de la mer Méditerranée, qui humidifie les masses d’air, lesquelles se déversent en abondance, frappant au hasard le pourtour méditerranéen, de septembre à décembre. On parle beaucoup, et c’est normal, des victimes. Il y a aussi des centaines de familles relogées, parfois pendant plusieurs mois. Et, pour les collectivités, des voiries ou équipements à remettre d’aplomb au plus vite, alors qu’elles manquent de ressources, que les assurances ne dégainent pas toujours très vite et que ces travaux ne sont pas – à force, une ligne va être inscrite – budgétés.

Je ne vois qu’un seul point positif à ce dérèglement climatique – bien plus virulent en d’autres points du globe. Il donne, et va donner, du boulot aux gars du BTP. Et, accessoirement, aux journalistes d’astreinte. Car évidemment, et pour mon plus grand bonheur, ces pluies diluviennes surviennent presque systématiquement le week-end.

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