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Sale temps pour les sortants

Coups de gueule, poil à gratter...

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Sale temps pour les sortants

On rentre dans le dur. À moins de deux et quatre mois des primaires à droite et à gauche pour la présidentielle, les candidats sortants, Hollande et Sarkozy, ne décollent pas. Victime d’un bombardement médiatique plutôt prévisible, et d’un rejet auprès d’une majorité de Français, l’ex-président (de la République et des Républicains) Nicolas Sarkozy peine à resserrer l’écart avec Alain Juppé. Il lui reste sept semaines. On sent quand même que ça se jouera dans un mouchoir de poche, cette histoire. Les grands fauves ne meurent jamais, et Sarkozy en est un. Ses pires ennemis l’admettent entre deux insultes à son encontre. Juppé plane pour l’instant, auprès de la droite modérée, du centre et même d’une partie de la gauche, mais pas au cœur de l’électorat des Républicains, qui en pince pour le boss. Je ne crois pas à l’hypothèse Le Maire, moins moderne qu’il veut le laisser paraître, ou d’un Fillon, un peu trop austère pour faire vibrer les masses et les médias, malgré un programme libéral fouillé et cohérent. Le soutien inattendu du chanteur Renaud risque d’être un peu court.

Pas encore candidat mais c’est tout comme, Hollande devra composer avec un camp divisé. Pas tant pour avoir raté son quinquennat – des choses ont été impulsées -, mais pour avoir raconté n’importe quoi – mais alors vraiment n’importe quoi – pendant sa campagne de 2012. Montebourg le défie jusqu’à le battre dans un récent sondage.
Bref, sale temps pour les sortants. Avec une tendance forte que semble vociférer le peuple : les gars, on veut passer à autre chose, barrez-vous et ne revenez plus.

Mais, paradoxalement, le paysage politique se caractérise par son verrouillage extrême. Des challengers crédibles comme Juppé, Macron ou Montebourg le savent bien. Ils s’attaquent à des chasses gardées. À des hommes qui, eux, ont l’expérience de la fonction suprême et ont vécu et vaincu une campagne présidentielle. Un atout de poids, dans une épreuve somme toute plus physique qu’intellectuelle, où l’on doit se mettre à nu sous le feu des projos, maîtriser toute sa com’ et dormir 4 heures par nuit.

La politique reste enfin une affaire irrationnelle. Son actualité change comme un ciel breton. Balladur devait gagner le scrutin de 1995, Jospin celui de 2002, DSK celui de 2012. Une nouvelle attaque terroriste ? Sarkozy reprendra 5 points au maire de Bordeaux et Hollande sera perçu à nouveau comme le chef protecteur et rassembleur. Sale temps pour les sortants… pour l’instant.

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