hubertvialatte.com

Parité piratée

Coups de gueule, poil à gratter...

Retrouvez dans cette rubrique l'intégralité des billets du lundi

Parité piratée

Chaque année, on y a droit. Lors de la remise des trophées des Masters de La Lettre M à des PME performantes de la région Occitanie*, lundi dernier, et après que les prix ont été remis à des dirigeants (tous masculins, moins une) d’entreprises, un intervenant s’est fendu – et, sur le fond, à juste titre – d’un « Vous n’aurez pas le prix de la parité, à La Lettre M ! »
Je vais vous la faire courte et séquencée.
1 / Si la remarque s’entend et se comprend – agaçant, en effet, tous ces mâles quinquas sur scène -, nous ne sommes pas responsables du fait que les dirigeants de PME sont très majoritairement des hommes. A fortiori dans nos belles contrées du Sud, mâtinées de machisme, du berceau à la tombe.

2 / Bien sûr, un média, en plus de rapporter des faits, doit aussi jouer un rôle dans la cité pour faire bouger les lignes. Merci pour ce mantra, que l’on n’a pas attendu pour agir. Soucieuse de valoriser les femmes entrepreneuses, la rédaction en a contacté plusieurs. Elles ont des histoires extraordinaires à raconter… mais nous ont fait faux bond, à une exception près, malgré d’inlassables relances entre février et mai. Voilà voilà… Trop sollicitées par trop d’événements médiatiques et institutionnels voulant les mettre en lumière ? Plus centrées sur leur business et moins sur le réseau que les hommes ? Volonté de ménager le peu de temps qui reste pour leur famille ? No lo sé (« Je ne sais pas », en Castillan), comme on ne dit pas à Barcelone.

3 / Encore trop de gens résument les entreprises à leurs dirigeants, ce qui dénote une méconnaissance profonde de l’économie. Car les salariés contribuent directement à la réussite de leur entreprise, en étant d’ailleurs parfois eux-mêmes actionnaires, intéressés au résultat, associés au top management etc… Et beaucoup d’entre eux/elles sont, bien sûr, des femmes. Mieux qu’un long discours, ce mail très sympa, reçu au lendemain de la manifestation, de la part de la secrétaire générale d’Ecia, une PME gardoise lauréate, spécialisée dans l’ingénierie de la ventilation nucléaire et des eaux industrielles. « Les femmes du Groupe Ecia ont particulièrement apprécié ce Trophée. Oui, les PME de notre région sont très majoritairement dirigées par des hommes. Mais dans chacune de ces PME, de nombreuses femmes sont engagées ! » Et, en photo, brandissant le magazine des Masters et le trophée décroché, plusieurs salariées de l’entreprise. Comme je suis misogyne, je ne mets que les prénoms : Sabine, assistante agence méditerranée ; Chantal, responsable administration des ventes ; Émilie, chargée de mission administratif et financier ; Valérie, secrétaire général ; Solange, comptable ; Calypso, assistante administrative ; Mylène, chargée de recrutement.

4 / Preuve de sa modernité actuelle et de sa féminité originelle – cf. le « M » en rose fuchsia, ce depuis 1984 -, La Lettre M est fière d’être l’un des partenaires médias des « Femmes de l’économie », dont la dernière soirée s’est déroulée à Toulouse le 19 septembre : bit.ly/2xWfYnt

5 / La vérité étant souvent ailleurs, personne (à part votre serviteur) ne regrette la quasi-absence, sur scène, de dirigeants arabes, noirs, gitans, asiatiques… Sorte de parité piratée. Allez, promis, l’an prochain, nous redoublerons d’efforts printaniers pour « cibler » des femmes dirigeantes. Pour s’entendre dire, au final, en septembre : « Comment ? Seulement 3 femmes lauréates sur 11 prix ? » Foutu job.

* En partenariat avec Axiome Associés et PVB Avocats, le 25/9 au théâtre Molière à Sète (34). Prix régional 2017 : Smoove (vélo en libre-service), qui vient de remporter le Vélib’ parisien à la tête du groupement Smoovengo.

Facebook

> je m'abonne au billet <

Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

*


.