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Nos villes mobiles

Coups de gueule, poil à gratter...

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Nos villes mobiles

L’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) a calculé qu’un véhicule partagé remplace dix voitures et libère neuf places de stationnement. Logique, dès lors, que se développent inexorablement le partage de vélos, autos, scooters…, et les solutions de covoiturage. Toutes sont devenus monnaie courante. On sent se rapprocher le point de bascule, où la voiture individuelle sera ringardisée, dans les grandes villes tout au moins. Des navettes autonomes testées à Francazal ou nouvelle ligne de métro entre Colomiers et Labège à Toulouse ; des trottinettes électriques jalonnant les trottoirs de Lyon ; un tramway aux couleurs éclatantes à Montpellier ; des autoroutes de vélos à Strasbourg, Amsterdam ou Copenhague (des contrées civilisées où les cyclistes ont compris que les trottoirs ne leur appartiennent pas)… Les mobilités urbaines entament un cycle d’innovations technologiques et d’usage dont on ne voit pas la fin.

Les nouveaux véhicules électriques individuels (NVEI), remarqués car insolites, efficaces et écologiques, restent encore très minoritaires : seulement 3 % des Français en utilisent, comme le rappelle le Siècle Digital (bit.ly/2UNUH7h). La marge de progression est par conséquent énorme. Le métro, bus et tramway, qui misent sur la massification, devraient rester plébiscités, mais perdre des parts de marché auprès des plus jeunes générations. On peut se demander, d’ailleurs, si les régies de transport public s’interrogent sur ce point.

Une chose est sûre : le législateur doit se pencher rapidement sur le vide juridique du statut de ces drôles d’outils de locomotion, rivalisant d’imagination. Les NVEI sont assimilées à de simples piétons, et donc acceptées uniquement sur les trottoirs. Les accidents y augmentent fortement, décrypte Le Parisien (bit.ly/2CCMn5v). Des formations pourraient s’imposer pour limiter les risques. Usine à gaz en perspective.

« Entre open source, intermodalité et connectivité, le principe d’ouverture est sans conteste le nouvel axiome de la mobilité », analyse Muriel Jaouën dans Les Echos (bit.ly/2PApVOd). L’avenir des nouvelles mobilités électriques « est aussi dans leur capacité à s’inscrire dans une logique d’autoconsommation », ajoute-t-elle justement.

La pollution et les nuisances sonores deviennent des enjeux de fond, dans des métropoles de plus en plus tentaculaires. L’accès au centre-ville aux véhicules particuliers semble condamné à terme, même si les politiques y vont par petites touches : péage urbain à Londres depuis 2003, interdiction des véhicules diesel à Berlin depuis octobre dernier. A plus petite échelle (mais localement, c’est vécu comme un deuil), la Ville de Montpellier envisage de fermer le tunnel de la Comédie.

L’élaboration des plans de déplacement urbain doit recourir aux prospectivistes : pas évident de deviner, à horizon 2030, des mobilités en plein maelstrom, et offertes aux vents des avancées technologiques et des inépuisables start-up. J’allais oublier : on peut aussi marcher quelques hectomètres pour se déplacer. Enfin, il paraît.

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