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En route pour le stade

Coups de gueule, poil à gratter...

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En route pour le stade

À l’offensive. Philippe Saurel, maire DVG de Montpellier et président de la métropole, et Louis Nicollin, président du Montpellier Hérault Sport Club (MHSC, 42 M€ de budget), donnent un point presse ce mercredi 30/11, devant, on l’imagine, des dizaines de journalistes. Car le projet a une dimension nationale : bâtir un nouveau stade de football. L’équipement pourrait être, d’après une source proche citée par l’excellente Lettre M (un peu de pommade), localisé dans la zone d’Odysseum, au sud-est de la commune, soit dans le prolongement d’Ikea, soit entre le lycée Pierre Mendès-France et la future gare de La Mogère.

Le stade actuel, situé dans le quartier de La Mosson, est jugé obsolète et inaccessible par Louis Nicollin et son fils Laurent, président délégué du MHSC. Pour ce dernier, les prestations VIP actuelles « font rire » (sic). Il ajoute, toujours dans l’excellente Lettre M : « Les gens ne viennent plus à La Mosson*. Un stade moderne doit être un lieu de vie, accessible, où l’on peut venir avant, rester après, et stationner facilement. De ce point de vue, le site d’Odysseum, avec son pôle ludique, son cinéma, ses commerces, ses restaurants…, serait le schéma rêvé », glisse-t-il. Sans compter les parkings déjà existants, la desserte par le tramway et l’autoroute A9. Le club, champion de France de L1 en 2012, dispose également d’une boutique à Odysseum. « Nous pourrions la laisser ouverte les jours de match, en menant des opérations de promotion. » Et le service marketing du MHSC pourra s’en donner à cœur joie, en nouant de multiples partenariats (offres groupées par exemple) avec les commerces de la zone, et le Gaumont Multiplexe.

Pas d’enflammade néanmoins. Le ballon est dans le camp du maître d’ouvrage, à savoir Philippe Saurel. L’inondabilité du stade de la Mosson, noyé sous trois mètres d’eau en octobre 2014, et les injonctions des compagnies d’assurance, auraient poussé l’élu – soutient ce dernier – à changer d’avis. Initialement favorable au maintien du football à ‘La Paillade’ (ancien nom du quartier Mosson, et nom de baptême du club), Philippe Saurel a annoncé en début d’année vouloir construire un nouveau stade. Sans que le projet n’ait fait l’objet à ce jour de débat ou de vote en conseil métropolitain, ce qui fait râler dans les rangs de l’opposition.

Les Nicollin père et fils sont pressés. Le MHSC a déjà planché en interne sur un projet de stade, et identifié les fonctionnalités requises pour le futur équipement : « par exemple, une tribune présidentielle fermée, la création de différentes catégories de VIP pour optimiser les sources de revenus, explique Laurent Nicollin. Lors de nos déplacements, nous regardons le meilleur de chacun des nouveaux stades français : Nice, Lyon, Bordeaux, Lille. » Sans pour autant désirer un bijou architectural. « Je veux quelque chose d’accessible, de fonctionnel et de convivial. Que le stade clignote en orange et bleu (couleurs du club), je m’en moque », tranche-t-il. La jauge correcte est d’après lui estimée à « 25.000 places ».

Le projet devrait susciter un match coriace avec ses opposants déjà déclarés. Jean-Louis Roumégas, député EELV de l’Hérault, voit notamment dans ce projet « un prétexte, pour Philippe Saurel, de mener en réalité une opération de promotion immobilière ». Il se dit sceptique sur « l’intérêt de rompre avec l’histoire qui lie le stade et le club au quartier de La Paillade », et préférerait que l’argent public injecté (coût global entre 120 et 140 M€, montage financier à définir entre public et privé) soit « affecté à la ligne 5 de tramway », pour l’heure reportée.

Le projet de stade pourrait voir le jour à l’horizon 2020. Les services de Saurel souhaitent y adjoindre le basket féminin (BLMA) et le handball (MHB). « Ce serait extraordinaire de développer un quartier dédié au sport, avec un stade de foot, une grande halle pour le basket et le hand, des animations autour et des bureaux pour loger les clubs, glisse une personnalité influente du sport national. Montpellier est déjà à la pointe en matière de sports collectifs. Ce concept polyvalent me semble à la fois dans l’ère du temps, innovant et de dimension nationale. S’il voit le jour, il n’y aura pas d’équivalent en France. »

* 12.414 spectateurs en moyenne (15ème sur 20 clubs de L1) en 2015/2016, sur une capacité commerciale de 28.600, soit un taux de remplissage de 43 %.

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Une réponse à En route pour le stade

  1. Troll dit :

    Pas d’enflammade, en effet, quant au potentiel de public fidèle à Montpellier !
    Hubert, tu connais bien mieux que moi l’affluence moyenne à la Mosson depuis les 20 dernières années, tu nous confirmeras donc certainement qu’en dehors de l’année du titre, les travées du stade ont toujours été bien loin de faire le plein à tous les matchs: latérales clairsemées, tribune haute créée à l’occasion du Mondial 98 pratiquement toujours vide, même la Butte ne faisant pas toujours le plein.
    De ce point de vue-là, Laurent Nicollin fait donc autant rire que ses prestations VIP actuelles quand il affirme que « les gens ne viennent plus à la Mosson ». Bah oui, pour les faire revenir, dans cette ville, il faut une grande équipe et pas un -50% sur le seau de popcorns XL pour une place de foot achetée…
    S’il a vraiment regardé « le meilleur de chacun des nouveaux stades français », il a dû se rendre compte qu’à Bordeaux mais aussi à Nice, pourtant sportivement très en forme depuis la saison dernière, ces stades flambant neufs, qui ont coûté des dizaines de millions d’euros aux collectivités locales et donc aux contribuables, sonnent bien creux. Le stade de Lille risque fort de se transformer lui aussi sous peu en coquille vide, une fois l’équipe hôte descendue en L2.
    Quant aux VIP, c’est pareil que le reste du public montpelliérain, on ne les attire qu’avec une belle équipe qui gagne, pas en offrant quelques coups de Fitou dans des loges intérieur cuir insonorisées pour ne pas entendre les ultras beugler contre les ratés de leur équipe, pas plus qu’en leur donnant la possibilité d’aller oublier au ciné le pauvre match qu’ils auront subis durant 90 minutes…
    Laurent Nicollin nous expliquera aussi un jour ce que deviennent tous « ses commerces, ses restaurants » et tout le saint-frusquin les jours où la Paillade ne jouera pas.
    Avec son talent façon « inception » d’introduire ses propres rêves dans l’esprit de son entourage comme il semble l’avoir fait avec Philippe Saurel, nul doute qu’il parviendra à nous convaincre que des cohortes de cars de touristes chinois viendront bientôt prendre d’assaut toutes ces enseignes !

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