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Vote des étrangers : le faux débat

Coups de gueule, poil à gratter...

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Vote des étrangers : le faux débat

Depuis 30 ans, c’est l’un des tubes socialistes : le droit de vote des étrangers aux élections locales. Inscrite dans les engagements de campagne de François Hollande, cette mesure nécessite une modification de l’article 3 de la Constitution – procédure qui requiert une majorité des 3/5ème du Parlement (Assemblée nationale et Sénat). Pour ne rien arranger, 56 % des Français y sont opposés, d’après les derniers sondages. Bref, c’est pas gagné. Histoire de faire semblant d’agir, Jean-Marc Ayrault va « consulter » cette semaine les responsables de chaque groupe parlementaire.
Parlons du fond. Les partisans du vote des étrangers soulignent, à juste titre, que les ressortissants européens jouissent déjà de ce droit, contrairement aux extra-européens (Africains, pour la plupart), qui parfois cotisent et paient des impôts depuis 20 ou 30 ans en France. Soit. Mais ce n’est pas parce que Bruxelles a ses moments d’égarement que Paris doit suivre. Un peu de personnalité ! Le droit de vote est lié, enchaîné même, à la nationalité. Pour participer à la démocratie d’un pays, payer des cotisations sociales n’est pas un argument en soi. Il faut montrer un peu plus d’envie de France.
Si la mesure passe, que vont penser tous ces Français d’origine étrangère qui, eux, ont fait la démarche de demander leur naturalisation, avec conviction, sincérité et fierté ? Rétroactivement, leur initiative citoyenne serait vidée de son sens. D’autre part, pourquoi n’évoquer que les seules élections locales ? Il faudrait savoir : on veut donner le droit de vote aux étrangers, ou pas ? Les étrangers résidant en France seraient donc aptes pour les élections intermédiaires, et non pour les principales ?
Voilà qui est bien hypocrite. Le vote des étrangers, tour de bonneteau façon énarques. Stratégie électoraliste dans les cités. Création de buzz pour taire un temps la crue du chômage. Epouvantail politique, sorti aux vents mauvais, pour transférer des voix de droite vers l’extrême-droite. Les conseillers ministériels sont mauvais cuisiniers : on ne sert pas à l’opinion un débat déjà recongelé. Et puis, à part quelques journalistes et politiques cherchant à rentrer tard à la maison le temps d’une campagne, ces élections locales, franchement, tout le monde s’en fout.

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