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Que faire sans elle ?

Coups de gueule, poil à gratter...

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Que faire sans elle ?

Plein de choses. Enchaîner les apéros tapas (comme dégueulasses) et prendre du bide ; Partir en vadrouille, sans rien à fuir et nulle part où aller, avec un paquetage de fortune, constitué d’un vieux pote, d’une carte bleue et d’une brosse à dents ; S’ingénier à être moins productif au bureau (il y a des techniques), pour y rester tard et, ainsi, tromper en secret la solitude ; Recouvrer la liberté et la solitude absolues – brancher les brunes, commander deux desserts, partir en vacances seul, loin et longtemps, zapper en continu sur son canapé entre un match de foot et un match de foot ; Prendre toute la place dans le lit ; Laisser traîner son jean à même le sol pendant une ou cinq semaine(s) ; Débarrasser la table le surlendemain matin ; Se rabibocher avec ces ‘amis’ miséricordieux dont on sait à l’avance qu’ils diront : « Elle n’était pas faite pour toi » ; Se mettre à fréquenter des expos d’art contemporain le dimanche, histoire de s’auto-persuader que franchement, elle calait en culture ; Ne plus rendre de compte, ne plus prendre en compte.
Sans elle, sans ailes et sans zèle. On a tous vécu des histoires-impasses, vaines sitôt que débutées. D’autres, dont elle est, portent l’énergie et la lumière. Quand son prénom se conjuguera au passé, que restera-t-il d’elle ? Une farandole de détails. L’intensité attentive de son regard surligné. Le fait qu’elle me connaisse mieux que moi-même, et sache lire dans mon jeu, même dans les silences. Sa pointe sauvage. Son intuition instinctive. Sa fausse naïveté. Ses grains de beauté – elle en a plein, logique. Sa façon, théâtrale et quotidienne, de se plaindre de la météo dans une région bénie des Dieux. La longue histoire qui la lie à ses cheveux : après une longue et bruyante lutte dans la salle de bains, ils la mécontentent invariablement. Son humour mordant, si je me plains : « C’est toi qui es venu me chercher. » Son inaptitude chronique devant les fourneaux. L’oubli systématique de tous mes déplacements professionnels (« j’ai une mémoire de poisson rouge »), mais non, surtout ne pas afficher un agenda dans la cuisine, ça dépareillerait. Sa capacité à lâcher du lest : si j’avais titré « sans elles », elle aurait saisi la nuance, mais serait passée à autre chose. L’histoire s’arrêtera-t-elle un jour, entre le fromage et le dessert ? D’après l’Insee, oui, à 47 %. Y a de l’espoir !

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2 réponses à Que faire sans elle ?

  1. Troll dit :

    Quelle déclaration d’amour !

    Puisses-tu l’écrire à nouveau dans dix ou vingt ans! Pour son plus grand bonheur et le tien…

  2. Livo dit :

    Joli ! à s’y méprendre …

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