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Où étiez-vous le 6 mai 2012 ?

Coups de gueule, poil à gratter...

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Où étiez-vous le 6 mai 2012 ?

Où étiez-vous le 6 mai 2012 ? Dans dix ans, nous saurons tous répondre à cette question : la présidentielle reste l’élection phare. Au menu, cette fois-ci, un président sortant prestidigidateur – un jour à Poitiers pour ses vœux à l’Education, le lendemain à Domrémy pour célébrer Jeanne d’Arc, la copine de Jean Moulin. C’est l’art du story telling : un jour, une histoire. Occuper l’espace. Surtout, ne réfléchissez pas. Logique, venant d’un homme qui a mis l’histoire en option pour les terminales S. Jour après jour, les médias nationaux relaient – complices, stupides, inféodés. A gauche, le candidat socialiste est le favori des sondages. Comme l’étaient Balladur, Jospin et Royal. Ressasser qu’il ne faut pas que Sarkommence, que cette année sera celle du changement, est une faute de communication. Quand on veut une femme, on ne le lui dit pas, on le lui montre. Dans cet exercice de séduction-éclair, Sarkozy est un guerrier redoutable et expérimenté. Et son adversaire pourrait bien l’aider à remonter la pente. Les ouvriers « devraient voter à gauche », a par exemple dit Hollande la semaine dernière. Ce propos est scandaleux. De la trempe de Bernard Tapie qui déclarait, alors que DSK venait d’être interpellé : « Il est trop intelligent pour se jeter sur une femme de chambre. » Les ouvriers et les femmes de ménage votent ce qu’ils veulent et méritent le respect. Chose incroyable : il se peut même qu’ils aient des choses à dire et pensent par eux-mêmes.
L’un de ces deux candidats sera élu. Pourtant, les messages les plus rafraîchissants sont portés par d’autres, comme Bayrou pour sa proposition de gouvernement d’union nationale, Mélenchon car il est le vrai candidat de la gauche ou Le Pen, qui fustige la monarchie des nantis et pointe la crise identitaire.
Avec la reproduction verrouillée du droite-gauche, les vainqueurs des échéances 2017 et 2022 seront des personnalités déjà connues aujourd’hui. La part irrationnelle du vote – on vote comme sa famille, comme son milieu, ou par émotion – joue un rôle dans ce schéma stérilisant : en 2007, beaucoup ont voté Ségo parce que « c’est une femme », ou pour Sarko parce qu’il « casse bien, et y en a marre des gens qui foutent rien ». Le 6 mai 2012, je sirotais un coucher de soleil, quelque part entre Carnon et La Grande-Motte, loin des plages privées.

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