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Nouveau monde à bâbord

Coups de gueule, poil à gratter...

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Nouveau monde à bâbord

Déformation professionnelle, addition des heures de vols, réveil tardif ? Au fil des ans, j’ai perdu une à une toutes mes illusions. Et c’est heureux. Il ne reste plus que les convictions. Dont une, déjà annoncée par le philosophe Michel Serres* : un monde nouveau se profile à l’horizon.

Je crois en la lame de fond de la révolution numérique : ‘fab labs’, taux d’équipement en tablettes et smartphones, dématérialisation synonyme de simplification, impression 3D, imagerie médicale, cours de fac en ligne (France Université Numérique), travail nomade, Smart Grids (villes intelligentes)… On ne le dit pas assez : la discrète Fleur Pellerin est la ministre la moins inutile du gouvernement.

Je crois que la raréfaction des ressources publiques est une bonne chose. Elle forcera les élus à ne réaliser que les projets pertinents et rentables, à rendre des comptes et à rationaliser leur action. Place au mieux vivre ensemble, aux initiatives de quartier, aux bons plans malins (covoiturage, autopartage…), à la mixité intergénérationnelle, aux producteurs locaux, à une ville plus douce. A trois mois du 2ème tour des municipales, je crois en des politiques plus citoyennes, moins partisanes. Les listes apolitiques, issues de la société civile, du type ‘Nouvelle Donne’, ne sont pas un feu de paille.

Je crois que tout n’a pas été fait contre le chômage. Le pari (stupide) d’en inverser la courbe « avant la fin de l’année » a le seul mérite d’occulter les vraies questions liées à l’emploi. Pourquoi ne pas viser le retour à un quasi plein emploi ? Comment mutualiser les forces vives ? Entre organismes collecteurs, Régions, l’Etat et ses satellites, c’est un champ de sigles. « La France est suradministrée et sous-gouvernée », diagnostique le think tank Terra Nova, pas franchement libéral.

Je crois en l’avènement d’une écologie supérieure à l’économie, et à même de tirer cette dernière. Pic de pollution record (due à une combustion massive de charbon) atteint récemment à Shanghai, projet de méga-poubelle nucléaire à Bure (Meuse), prévisions (certes controversées) des experts du Giec : les indicateurs passent au rouge.

Je crois en l’accélération de la disparition de certains fleurons-dinosaures, et la nécessité de muter vers un nouveau modèle productif, technologique et de formation. Après Virgin (culture/loisirs), Gad (abattoirs), FagorBrandt (électroménager), Kem One (chimie), Mory Ducros (transports), PSA Peugeot est en passe d’être bouffé de l’intérieur par le chinois Dongfeng. Des pans entiers de la société, qui n’ont pas leur syndicat, décrochent dans l’indifférence générale : le monde rural, les petits retraités, les artisans et TPE qui dévissent chaque jour par centaines.

Alors, bonne année ? Pas exactement. Faisons en sorte que l’année 2014 soit bonne.

* « Ce n’est pas une crise, c’est un changement de monde. » Décembre 2012

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Une réponse à Nouveau monde à bâbord

  1. geores ketele dit :

    très belles professions de foi, à laquelle je souscris totalement…
    1) sauf qu’afficher la volonté d’inverser la courbe du chômage n’est pas stupide: la sensibilisation à ce terrible mal n’a jamais été aussi prégnante.
    2) nouvelle donne avec le numérique, mille foi d’accord… mais je suis surpris que les experts et les politiques ne prennent pas le temps de définir les conditions d’une autre nouvelle donne:le plein emploi avec des mesures de l’activité différentes des actuels indicateurs de croissance devenus obsolètes à l’ère numérique.

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