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Not in my backyard*

Coups de gueule, poil à gratter...

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Not in my backyard*

Ce jeudi 28 juin à Paris, au 8ème étage d’une tour de verre, les partenaires industriels et financiers (Bouygues Construction en tête), réunis sous la bannière Oc’Via, applaudissent, pour de vrai, la signature avec Réseau Ferré de France (RFF) du contrat de partenariat public-privé (PPP) du contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier – 60 km de ligne ferroviaire nouvelle entre Manduel et Lattes. En pleine eurocrise, financer un PPP d’1,5 Md€ n’a rien d’une formalité. Le chantier donnera à manger aux entreprises de TP du Sud entre 2014 et 2017. Une fois en service, la ligne mettra la capitale régionale, Montpellier, à moins de 3h de Paris. L’axe existant, désaturé, pourra accueillir une montée en puissance des TER entre les capitales héraultaise et gardoise.
Clin d’œil du calendrier : la veille, à Gigean, dans l’Hérault, RFF organise une réunion publique de concertation sur le tracé de la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan, projet censé prolonger le CNM vers l’Espagne. 300 personnes réservent un comité d’accueil musclé au maître d’ouvrage. C’est que l’heure est grave : le tracé menace quelques maisons de destruction. La fronde est orchestrée par les « Gardiens de la Gardiole ». Ce collectif ne voulait déjà pas du projet de décharge de l’agglomération de Montpellier à Fabrègues, obtenant gain de cause fin 2010, validant ainsi l’export de « nos » déchets vers les Bouches-du-Rhône.
Une résistance du même tonneau voit le jour à Carnon et Palavas, stations du littoral appartenant à l’agglo du Pays de l’Or. Effrayés par la racaille des cités, les habitants de la côte ne veulent pas d’un prolongement de la 3ème ligne de tramway – qui a coûté un demi-milliard d’euros aux contribuables – le long du littoral. Du coup, les rames arrêtent les touristes et mamans sans voiture à 1,5 km de la mer, en limite sud de l’agglo de Montpellier.
Not in my backyard, disent les British. Je collabore activement à un modèle économique basée sur la surconsommation et la surmobilité, mais je refuse d’en subir les désagréments à côté de chez moi. Je travaille « à la ville », au passage je profite de son tramway, de ses médiathèques, piscines, concerts…, mais j’habite hors fiscalité de l’agglo. Et mon gros 4X4 a des autocollants anti décharge ou anti LGV, revendiquant ma haine des autres et de l’avenir.

* Pas dans mon arrière-cour.

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