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Mais comment se débarrasser de Sarkozy ?

Coups de gueule, poil à gratter...

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Mais comment se débarrasser de Sarkozy ?

« Sarkozy ? Tu ne le reverras plus », prophétisait notre président casqué à une fillette, au salon de l’agriculture 2013 – un lieu qui élève décidément l’esprit des chefs d’Etat, après le « Casse toi pauv’con » de son prédécesseur au Château.
Un an plus tard, il n’est pas dit que l’ex-président du conseil général de la Corrèze ait les mêmes certitudes. En mode subliminal, Sarkozy entretient la musique d’un retour pour la présidentielle de 2017. Dans le sillage de la tournée de Carla Bruni, l’ex-président redécouvre la France – enfin, une France -, qu’il avait délaissée dans la suffisance d’un mandat. Du « Tu le reverras plus » entre une vache et un saucisson, Hollande passe en 2014 à un « Je le surveille » devant ses députés.

Il y a l’espace d’un retour pour l’ancien premier flic de France : un exécutif en panne sèche, une popularité plutôt préservée (40 % des Français veulent son retour, ce qui garantit un socle de 40 % des voix au 2ème tour sans avoir encore ouvert la bouche), une droite en capilotade et la réalité d’une menace brune – transformée en bleue marine par la fée communication.
Il y a l’espace, et ça doit donner des envies de suicide aux quatre quadras montants de la droite – NKM, Bruno Le Maire, Laurent Wauquiez et Xavier Bertrand -, qui seraient alors condamnés à attendre le coup d’après pour, enfin, entrer dans la lumière.

Restent les casseroles. En bête politique, Sarkozy les collectionne : des gentilles pour le chocolat maison du matin (sondages de l’Elysée), des moyennes pour faire monter la sauce (arbitrage Tapie), des bien lourdes en fonte, façon grand-mère – financements occultes des campagnes de 1995 pour Edouard Balladur (affaire Karachi) et de 2007 (par Kadhafi). D’autres, percées, qu’on a remisées dans le garage – affaire Bettencourt et Clearstream.

Le mépris affiché ouvertement par Sarkozy à l’égard de la presse (« des gauchistes ») et des magistrats (il est avocat), et la volonté de ces deux professions, ultra corporatistes, d’en découdre, expliquent au moins autant l’ampleur de la Sarko-traque, que les faisceaux de culpabilité pesant sur l’intéressé.
En résumé : ils veulent se le faire. Une soif de justice somme toute louable : si Sarkozy est un sale type, il faut le mettre hors jeu fissa du jeu démocratique. Les écoutes plus que limite pratiquées sur Sarkozy et son avocat, étrangement communiquées au journal Le Monde (quelle est la source ?), prouvent cette volonté d’éliminer physiquement un adversaire. Mais pour l’instant, le jogger de Neuilly n’a jamais été condamné – ce qui ne signifie pas, naturellement, son innocence. Pire : il pourrait tirer profit de la situation, en jouant sur la corde de la victimisation, qui a des vertus régénératrices dans l’art politique. Même pas besoin d’une chanson de Carla !

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