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Maire et campagne

Coups de gueule, poil à gratter...

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Maire et campagne

36 683 maires seront élus ou réélus, lors des élections municipales, les 23 et 30 mars. 36 683, c’est probablement 20 000 de trop dans un pays de 65 millions d’habitants. La France possède à elle seule 40 % du nombre total des communes dans l’Union européenne. Pour comparaison, nos voisins italiens et allemands comptent respectivement 8 100 communes et 12 200 communes, pour 61 et 81,5 millions d’habitants. Cet émiettement territorial conditionnerait même notre mode de pensée étriqué : « les bons comptes font les bons amis », « chéri, il faudra qu’on rende l’invitation à dîner », « mon fils a trouvé un CDI dans un grand groupe »…

Le maire est l’élu le plus apprécié des Français, et le plus légitime à arborer la ceinture tricolore. La tête dans les étoiles et les pieds dans la glaise. Madame ou Monsieur le maire gère l’écume des jours : galère d’emplois et de logements, circulation congestionnée, sous-capacité chronique des crèches, entrées de ville à requalifier… Dans les communes rurales, ou de taille moyenne, ils sont parmi les premiers à constater les dégâts, lors des accidents de la route, des rixes d’été ou pour gérer les cas de catastrophe naturelle – on l’a vu en Bretagne récemment.

Les maires de demain devront faire mieux avec moins, pour reprendre l’adage de Didier Migaud, Premier président de la Cour des comptes. Les dépenses fastueuses, pour attirer des stars du jazz dans un village perdu, connu de ses seuls habitants, ou pour bâtir, dans des capitales régionales, des édifices publics à prix d’or, sont révolues. L’heure est au liant social, à l’ingéniosité de quartier, à la mutualisation de moyens, à la mobilité écologique.

Le scrutin local télescope un climat national délétère : les affaires succèdent aux affaires, à droite comme à gauche, et pendant ce temps-là, tout en bas, la situation économique et sociale se dégrade, avec des pauvres qui le sont de plus en plus, et de plus en plus longtemps. Les dérives encore en pratique, à des degrés divers – clientélisme vis-à-vis de communautés, en échange du vote de ses membres ; pots-de-vin ; fiscalité écrasante ; emplois fictifs ; attributions opaques de logements sociaux et de marchés publics ; communication outrancière, à la limite de la propagande stalinienne ; absentéisme record du personnel ; voyages d’agrément ; effectifs et vice-présidences pléthoriques… – ne seront plus, demain, acceptables. Mauroy à Lille, Chaban-Delmas à Bordeaux, Frêche à Montpellier, Hervé à Rennes… ces édiles, qui ont vécu l’idylle avec leur ville, en parleraient bien mieux que moi. La base de leur recette : ils l’aimaient.

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